C'est la question qu'on ne pense presque jamais à poser avant de signer, et celle qui coûte le plus cher quand elle se pose trop tard. Un artisan nous a appelés l'an dernier avec un problème simple en apparence : son prestataire ne répondait plus depuis six mois, et il voulait faire modifier ses horaires. Il n'avait aucun accès, aucun mot de passe, et le nom de domaine était au nom de quelqu'un d'autre.

Un site, ce sont trois choses différentes

On parle du « site » comme d'un seul objet, alors qu'il y en a trois, qui peuvent très bien appartenir à trois personnes distinctes.

  • Le nom de domaine : votre adresse, du type entreprise-machin.fr. Elle se loue à l'année auprès d'un bureau d'enregistrement.
  • L'hébergement : l'endroit où les fichiers du site sont stockés et servis aux visiteurs.
  • Le site lui-même : les pages, le design, le code, vos textes et vos photos.

Vous pouvez parfaitement être propriétaire des trois, ou d'aucun des trois, sans que rien ne le laisse voir de l'extérieur. Un site magnifique et parfaitement fonctionnel peut ne pas vous appartenir du tout.

Le nom de domaine : le point le plus sensible

C'est celui qui vous tient. Un site peut se refaire, une adresse internet ne se rachète pas si quelqu'un d'autre la détient : il faut la lui demander.

Un nom de domaine a un titulaire, qui est son propriétaire, et un contact technique, qui est souvent le prestataire. Ce sont deux rôles différents, et la confusion entre les deux est à l'origine de la plupart des litiges. Le titulaire doit être votre entreprise, avec votre nom, votre adresse et une adresse email que vous relevez vous-même.

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Si l'adresse email associée au domaine est celle de votre prestataire, toutes les notifications d'expiration, toutes les demandes de validation et toutes les procédures de récupération partent chez lui. Vous êtes titulaire sur le papier et spectateur dans les faits.

Vérifiez aussi la date d'expiration et qui paie le renouvellement. Un nom de domaine non renouvelé redevient libre après une période de grâce, et il existe des gens dont c'est le métier de racheter les adresses d'entreprises qui ont oublié. Récupérer la sienne coûte alors beaucoup plus que les dix euros annuels qu'on n'a pas payés.

Le piège des emails, qu'on découvre toujours trop tard

Si votre adresse professionnelle est du type contact@votre-entreprise.fr, elle dépend du nom de domaine. Perdre le domaine, ce n'est donc pas seulement perdre le site : c'est perdre l'adresse email imprimée sur vos devis, sur votre camionnette et dans la signature de trois ans d'échanges avec vos clients.

C'est ce qui transforme un désagrément en vraie difficulté commerciale. Un site coupé pendant une semaine se rattrape. Une adresse email qui ne reçoit plus rien pendant une semaine, sans que personne ne vous prévienne, coûte des chantiers.

L'hébergement : pouvez-vous partir ?

L'hébergement se change, à condition d'avoir les fichiers et la main sur le nom de domaine. La vraie question n'est donc pas de savoir qui héberge, mais si vous pourriez déménager sans dépendre de la bonne volonté de quelqu'un.

Ce qui bloque le plus souvent : la base de données du site, que personne ne vous a jamais donnée, et les réglages du nom de domaine, que vous ne pouvez pas modifier sans les accès. Un hébergeur sérieux vous laisse récupérer une copie complète de votre site quand vous le demandez.

Le site lui-même : sur mesure ou dans une cage ?

Un site construit sur des technologies standard se récupère et se reprend par n'importe quel professionnel. Un site construit dans un outil maison, propre au prestataire, ne se récupère pas : vous louez l'accès à quelque chose qui s'éteint le jour où vous partez.

La question à poser est directe : « Si je vous quitte, qu'est-ce que j'emporte ? » Une réponse honnête est soit « tout, voici comment », soit « rien, c'est notre plateforme ». Les deux modèles existent et se défendent, mais il faut savoir lequel on achète. Nous détaillons ce que ça change au quotidien dans notre comparatif entre site sur mesure et modèle.

Comment vérifier, en dix minutes

Quatre vérifications suffisent à savoir où vous en êtes.

  • Demandez par écrit qui est le titulaire du nom de domaine, chez quel bureau d'enregistrement il est déposé, et quand il expire. Une réponse floue est déjà une réponse.
  • Vérifiez l'adresse email associée au domaine et au compte d'hébergement. Si ce n'est pas la vôtre, c'est le premier point à corriger.
  • Demandez vos accès : compte du nom de domaine, compte d'hébergement, administration du site. Vous n'avez pas à vous en servir, vous avez à les avoir.
  • Demandez où sont vos contenus : les photos en pleine résolution et les textes, dans un dossier que vous gardez de votre côté.

Un prestataire sérieux répond à ces quatre questions sans se braquer. Il n'y a rien d'agressif à les poser : c'est de la gestion d'entreprise ordinaire, au même titre que savoir où est rangé le contrat d'assurance. C'est l'un des points que nous conseillons de trancher avant de signer, avec ceux que nous listons dans notre article sur le choix d'un prestataire web.

Si vous êtes déjà enfermé

La situation se débloque presque toujours, mais l'ordre compte.

Commencez par le nom de domaine, avant tout le reste. Contactez le bureau d'enregistrement directement, en prouvant votre identité et votre lien avec l'entreprise. La plupart disposent d'une procédure pour trancher un litige de titulaire, et c'est le seul point où vous pouvez agir sans passer par votre prestataire.

Formulez vos demandes par écrit, en listant précisément ce que vous demandez, et en recommandé si l'échange s'enlise. Un email resté sans réponse n'a aucune valeur le jour où il faut prouver que vous avez demandé.

Récupérez vos contenus par vos propres moyens en parallèle. Vos textes sont sur les pages, vos photos sont visibles : rien ne vous empêche de tout enregistrer vous-même pendant que la discussion avance.

Et si le site est irrécupérable, il est parfois plus rapide d'en refaire un que de courir après l'ancien. Ce qui compte, c'est de ne pas repartir dans la même configuration.

Comment on travaille de notre côté

Le nom de domaine est déposé à votre nom, avec votre adresse email, vous en êtes titulaire dès le premier jour. Les accès vous sont remis à la mise en ligne, et le site vous appartient. Notre formule de suivi couvre l'hébergement et le renouvellement du domaine tant qu'elle tourne, mais elle n'est pas une condition pour rester propriétaire : si vous arrêtez, vous partez avec votre site. C'est aussi ce que couvre notre article sur la maintenance.

Questions fréquentes

Combien coûte un nom de domaine ?

Une dizaine d'euros par an pour un .fr classique, parfois un peu plus selon l'extension. C'est un des postes les moins chers d'un site, et le plus important à garder à votre nom.

Mon prestataire refuse de me donner les accès, que faire ?

Formulez la demande par écrit, en recommandé si nécessaire, en listant précisément ce que vous demandez. En parallèle, contactez le bureau d'enregistrement du nom de domaine : c'est le seul point où vous pouvez agir sans lui.

Est-ce que je peux garder mon adresse et changer de site ?

Oui, et c'est le cas le plus courant. Tant que vous êtes titulaire du domaine, le site derrière peut être refait entièrement sans que vos clients voient l'adresse changer, et sans perdre le référencement acquis.

Combien de temps prend un changement de prestataire ?

Techniquement, quelques jours si vous avez vos accès : le transfert d'un nom de domaine et la mise en ligne ailleurs se font vite. C'est la récupération des éléments manquants qui prend du temps, parfois des semaines quand l'échange est difficile.

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